Aquarelle de Yvon Déhais
Association des Amis de l'Eglise de

Saint-Martin-aux-Buneaux




L'église et son
Histoire
L'église de Saint-Martin-aux-Buneaux, à deux vaisseaux (ou nefs) accolés, a été considérablement remaniée à plusieurs reprises au cours des siècles. C’est un des sanctuaires les plus vastes de la région. La première nef construite est la nef sud. Les parties les plus anciennes de cette nef sud sont situées sur la partie arrière du mur sud fait de moellons calcaires et de silex. Cette partie daterait du 11e siècle.


La façade ouest et le porche
La façade ouest de cette nef date du 13e siècle comme en témoignent les deux contreforts latéraux. De chaque côté du porche d’entrée deux autres contreforts sont plus récents datant du 16e siècle.

L’importance de la population a nécessité au 16e siècle un doublement de l’église par l’ajout d’une deuxième nef au nord. Le mur séparant les deux nefs a alors été très largement ouvert pour permettre à tous les fidèles de suivre les offices. Une ébauche de transept, bien visible à l’intérieur sur le mur nord de l’église, n’a jamais été concrétisée. Cette nef nord a des murs en grès qu’on a su tailler et utiliser qu’à partir de cette époque.
Au 18e siècle, les ouvertures du mur sud de la première nef ont été très largement agrandies.



La nef primitive au sud


Le mur séparant les deux nefs
 a été largement ouvert


La nef nord, ajoutée au 16e siècle


La nef principale vue du choeur

A la fin du 17e siècle, une porte a été ouverte dans le mur sud de la première nef pour permettre au seigneur de pénétrer directement dans l’église, venant de son château, sans passer par le porche principal réservé à la population. Pour cette raison, elle est dite « porte des châtelains ». Une inscription au dessus indique 1699.


La porte latérale marquée 1699
dite « porte des châtelains »

Les couvertures de ces deux nefs devaient primitivement être en chaume, comme en témoignent les murs pignons qui dépassent très largement les toitures ainsi que leurs pentes plus prononcées. Il se peut qu’ensuite l’église ait été couverte en tuile normande plate ce qui expliquerait que la charpente ait été modifiée afin de la renforcer et de donner un pente plus douce. Des débris de tuiles ont été découvertes par Michel Lefebvre lors de ses travaux de réparation au cours du siècle dernier. L’ardoise n’a pu être utilisée que très récemment avec l’arrivée du chemin de fer en 1856 à Fécamp et en 1881 à Cany.
Les voûtes intérieures ont été recouvertes d’un lambris en pitchpin en 1910.
Le clocher actuel a été reconstruit en 1964 amputé des 2/3 suite à une tempête en décembre 1962. Antérieurement il était suffisamment élevé pour servir d’amer, c'est-à-dire de repère, aux marins. Pour ce motif, il figure sur une carte marine de la fin du 17e siècle, la carte de Van Keulen. Il est possible qu’il ait été « à la battière », c’est-à-dire à deux pans, de style normand, comme celui de Ocqueville à une époque, c’est ce qu’évoque le caractère massif de sa base en pierre.
Ce clocher a été endommagé à plusieurs reprises. Déjà en 1801, puis le 10 septembre 1869, la foudre entraîne un incendie qui détruit le clocher en grande partie. Il est reconstruit pour une somme de 1.794 francs, entièrement couverte grâce à une souscription parmi la population. Voir ci-contre les plans faits à cette occasion.
Le 11 décembre 1908, la foudre endommage une nouvelle fois le clocher qui est réparé en même temps qu’est posé un paratonnerre. Enfin, le 20 décembre 1962 une tempête le détériore une nouvelle fois. Le coût des réparations est estimé à 67.000 francs. On temporise dans un premier temps, puis, pour des raisons budgétaires, il est reconstruit tel que nous le connaissons actuellement, c’est à dire amputé des deux tiers.


Clocher à la battière de
l'église de Ocqueville


Plans du clocher et de sa charpente
réalisés pour sa reconstruction en 1869.


Le 24 août 1947, une grande kermesse était organisée à Saint-Martin pour le pavage de l'église (cf l'affiche ci-contre).
Finalement, le sol n'a été entièrement pavé qu'en 1952, auparavant seule l’allée centrale était pavée.


Image de kermesse à St-Martin

A l’intérieur, un certain nombre d’éléments ont été inscrits en 1988 sur la liste supplémentaire des objets classés monuments historiques :

Des restes de litres seigneuriales du 18e siècle sont visibles ainsi que les blasons des seigneurs décédés (le droit de litre était un droit seigneurial : au décès du seigneur de l'église, une bande noire était peinte sur les murs de l'édifice sur laquelle les armoiries du défunt se détachaient).



La cloche

Cécile-Charlotte
Autrefois, il y avait trois cloches. Deux d’entre elles furent fondues à la Révolution pour en faire des canons. La troisième fut remplacée en 1846 par la cloche actuelle. Elle pèse mille kilos et a 1m20 de diamètre. Elle sonne le ré# et le mi. Elle a pour nom Cécile-Charlotte. En septembre 1885, elle se détacha d'un de ses supports, le piton vers le treuil étant plus usé d'un côté que de l’autre. Il fut remplacé et consolidé. Le prêtre de l'époque recommanda aux prêtres qui lui succéderaient de veiller afin que cet accident ne se renouvelle pas.
En 1909, la cloche étant fêlée, elle fut descendue du clocher et réparée par brasure dans la cour de l’école des garçons. Cette réparation, hors les frais accessoires, coûta 225 francs, somme que l'abbé Hecquet, curé de la paroisse de 1904 à 1933, prit à sa charge.


Inscription sur la cloche de St-Martin

(relevée en août 2006)


L’AN 1846 J’AI ETE BENITE DANS L’EGLISE DE ST-MARTIN AUX BUNEAUX PAR Mr L’ABBE SURGIE VICAIRE GENERAL DE MONSEIGNEUR DE BLANQUART DE BAILLEUL ARCHEVEQUE DE ROUEN ET NOMMEE CECILE CHARLOTTE PAR M. CHARLES FRANCOIS EMERIE DESHOMMETS COMTE DE MARTAINVILLE ET MADAME ALEXANDRINE CHARLOTTE DE PREAULX COMTESSE DE MARTAINVILLE EN PRESENCE DE M.M. FRANCOIS ARMAND LE THELIER PRETRE CURE DE CETTE PAROISSE DE PIERRE JULIEN OLIVIER MAIRE DE PIERRE EMO PRESIDENT DE CLEMENT JOLLY DE FRANCOIS RIQUEUR DE PIERRE ADRIEN BENARD ET DE FIRMINCAMPS ADMINISTRATEURS.

L’an 1846, j’ai été bénite dans l’église de St-Martin-aux-Buneaux par Mr l’Abbé Surgie, vicaire général de monseigneur de Blanquart de Bailleul, archevêque de Rouen, et nommée Cécile-Charlotte par M. Charles-François Emerie Deshommets, comte de Martainville et madame Alexandrine-Charlotte de Préaulx, Comtesse de Martainville, en présence de MM. François Armand le Thelier, Prêtre curé de cette paroisse, de Pierre-Julien Olivier, Maire, de Pierre Emo, Président, de Clément Jolly, de François Riqueur, de Pierre-Adrien Benard et de Firmincamps, administrateurs.



Le mobilier


Le retable du chœur est classé. Il date de 1650. Il comporte au centre un grand tableau de saint Martin. De chaque côté, des statues en bois peint. A gauche saint Martin, avec ses attributs d'évêque et à droite saint Jean-Baptiste tenant l'agneau. On remarque de nombreux angelots.


Le retable


Saint Martin


Saint Jean-Baptiste

Le baptistère de la fin du 16e siècle est classé. Il est en pierre avec des personnages sculptés de style Renaissance.





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